" Dans le sillage des Marins de Lorraine "
Bulletin de liaison de l'Union des Marins de Lorraine (version web)
Mars 2010  

- Sommaire

 

Mot du Président

 .Chers Amis et Camarades de L’Union des Marins de Lorraine.

L’année 2010 sera déjà commencée quand vous recevrez ce bulletin. Il nous est difficile de faire coïncider le défilement de nos réunions avec les dates de tradition.

J’espère que vous avez de bons souvenirs de ce Noël en famille et reçu des corbeilles de vœux et de souhaits pour 2010. A titre personnel et au nom du Conseil d’Administration je vous adresse les souhaits de santé et de bonheur pour les jours à venir pour vous et ceux qui vous sont chers, famille et amis.

Je voudrais avoir une pensée pour toutes nos relations qui ont à vivre avec des souvenirs personnels ou associatifs douloureux, avec les adhérents d’Amicales qui ont à cœur de soutenir des familles dans la peine.

Ensuite, je vous souhaite de participer en chaque occasion à la cohésion et à la camaraderie des réunions et rencontres d’Anciens Marins, cela nous « rajeunis ».

L’année 2009 a été un bon exemple d’Amitié dans la Région Lorraine. Alors en 2010, malgré les obligations locales , toujours nombreuses, hors des tabous ou exclusions de certains, réservons quelques instants pour retrouver nos merveilleux sentiments de la Royale.

Bien sincèrement.

B .OLIVIER Officier Principal des Equipages ( h )

" Il y a les morts et les vivants...
... et ceux qui vont sur l'océan. " 

-  ‘’Les Mousses de Colbert à nos jours’’ 

Ce livre de Michel GIARD et de Gilles HENRY (15,5 x24 cm, 224 pages) réalisé à l’occasion de la réouverture de l’école des mousses à Brest, est un panorama au fil du temps de ce métier rude et dangereux, pourtant exercé par des enfants.

C’est Colbert, secrétaire d’État à la marine de Louis XIV, qui se soucia le premier de réglementer par ordonnance, le statut des marins, en instituant le régime des classes.

Les mousses et les novices qui, âgés de moins de dix-huit ans, sont inscrits au rôle de l’équipage, forment une classe. Les mousses sont les plus jeunes, certains embarquent à l’âge de sept ou huit ans, séparés de leur famille pour de longs mois. Leurs conditions de travail sont très dures, ils doivent exécuter toutes les tâches, briquer le navire, préparer et servir les repas, participer aux manœuvres, être disponible à toute heure. Le danger est permanent, la discipline impitoyable et leurs souffrances physiques et morales immenses.

Le XIXe siècle verra s’améliorer leur statut avec la création des écoles de mousses, mais leur vie quotidienne reste extrêmement dure, que ce soit sur les navires de guerre et de la marine marchande ou sur les bateaux de grande pêche.

Et pourtant être mousse fut pour certains, la première étape d’une grande carrière de marin.

À travers des destins individuels étonnants, en décrivant l’évolution du statut des mousses au cours des siècles, Michel Giard et Gilles Henry rendent hommage à tous ces enfants courageux, qui bravèrent les dangers de la mer.

Michel Giard est écrivain, conférencier, photographe et grand voyageur. Sa passion de l’univers maritime en a fait un spécialiste des rapports de l’homme avec les océans. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont La grande histoire du sauvetage en mer aux éditions Le Télégramme en 2009.

Gilles Henry, biographe et généalogiste, trois fois lauréat de l’Académie française, se définit volontiers comme un détective de l’Histoire. Il est l’auteur de biographies de Dumas, Flaubert, Rabelais, Cartouche et d’une série de dictionnaires des mots, phrases et lieux qui racontent l’histoire.

 

- La bataille du bois du village de Belleau (Marne)
Bois du village de Belleau - 4ème Brigade des Marines - 2ème Division d'Infanterie U.S. 10 Juin 1918

Badge d'épaule de la Second "Indianhead" Infantry Division (2ème Division d'infanterie US)

Le 27 Mai 1918, à l'aube, après une intense préparation d'artillerie, trente divisions allemandes attaquent et crèvent le front au Chemin des Dames, creusant une poche profonde de l'Aisne à la Marne, atteignant même cette rivière entre Chateau-Thierry et Dormans. Elles butent sur la forêt de Villers-Cotteret tenue par la VIe Armée. Mais le 2 Juin les Allemands s'emparent des villages de Belleau, Torcy et Bussiaires ainsi que de Château-Thierry truffant au passage le Bois Belleau de systèmes de défense à base de nids de mitrailleuse et de réseaux de barbelés.

Le 3 Juin, deux divisions américaines qui ont tout juste fini leur instruction, arrivent pour renforcer la VIe Armée qui peut ainsi résister à la nouvelle attaque déclenchée par les Allemands le 9 Juin. Reprenant aussitôt l'offensive suivant les directives du Général FOCH, la VIe Armée met les "Marines" du Général James HARDWOOD à l'épreuve du feu. Le 10 Juin, ils forcent le sud du Bois Belleau. Au bout de deux jours, ils ont réduit les points de résistance, fait 500 prisonniers, se sont emparés de 35 mitrailleuses et de leurs réserves de munitions. Soumis pendant dix jours à de violentes contre-attaques, ils parviennent le 25 Juin à chasser les derniers Allemands qui se cramponnaient au coin nord du bois. Ils font encore 300 prisonniers et, dans la foulée, s'emparent du village de Bouresches.

Quelques jours après, le Général DEGOUTTE, commandant la VIe Armée, proclamait à l'ordre du jour: "En raison de la brillante conduite de la 4ème Brigade de la 2ème Division d'Infanterie des États-Unis qui a enlevé de haute lutte Bouresches et le point d'appui du Bois Belleau défendu avec acharnement par un adversaire nombreux, le Général commandant la VIe Armée décide que dans toutes les pièces officielles, le Bois Belleau portera désormais le nom de Bois de la Brigade des Marines".

Extrait de la Citation à l'Ordre de l'Armée franççaise signée par le Maréchal Philippe PÉTAIN pour la participation des Marines aux opérations en Champagne en Octobre 1918.

Courtesy of : Commandant Denis P. MULLER USMC, Ancien Attaché Naval adjoint (Ambassade des États-Unis - PARIS) - 1996

En souvenir de ces hauts faits, le porte avions léger américain CVL24 prend, en pleine guerre du Pacifique en 1942, le nom de USS BELLEAU WOOD. De 1953 à 1960, sous pavillon français, il sera le PA BOIS BELLEAU R97.

(La Deuxième Division d'Infanterie US est toujours stationnée en CORÉE. Pendant la Guerre de CORÉE, de 1950 à 1953, le Bataillon Français de l'ONU fut intègré au 23ème Régiment d'Infanterie de cette division)

U.S.S. Belleau Wood

Mis sur cale à CAMDEN (New York Shipbuilding Company) le 11 Août 1941 comme USS New Haven CL 76 (croiseur léger). Lancé le 6 Décembre 1942 comme CVL 24 sous le nom de BELLEAU WOOD. Armé le 31 Mars 1943.

Il fait partie, ainsi que le USS Langley CVL 27 (devenu PA La Fayette R96 dans la Marine nationale), d'une série de neuf croiseurs légers type Cleveland qui ont été transformés sur cale pour constituer les porte-avions type Independence. Les superstructures des coques des croiseurs initiaux ont été remplacées par un hangar et un pont d'envol. Les machines sont restées celles des croiseurs, mais des bulges ont été ajoutés à la coque pour améliorer la stabilité.

Caractèristiques :

  • Déplacement:: 11.000 tW (15.800 tpc) - Dimensions: Longueur 185,90m hors tout (128,88m pp), largeur 21,80m à la flottaison (33,30m hors tout) - tirant d'eau: 8,00m
  • Propulsion: 4 chaudières, 4 lignes d'arbre - 100.000 ch - Vitesse maxi: 32 nœuds
  • Distance franchissable: 10.000 nautiques à 15 nœuds, 7.500 à 20 nœuds
  • Protection: ceinture partielle de 127mm - pont blindé de 50mm
  • Installations aviation: pont d'envol : 160m x 18 (AV) / 22 (AR), hangar : 65,53 x 17,67m, 2 ascenseurs axiaux, 9 brins d'arrêt, 2 catapultes hydrauliques - Capacité: 25 à 30 avions
  • Armement: 40mm AA: 4 affûts quadruples (IV x 4) , 20mm AA: 6 affûts simples (VI x 1)
  • Détection: 4 radars veille - 4 radars artillerie
  • Équipage: 1.400 Hommes
  • Groupe aérien type:
    • - 24 avions de chasse Grumman F6F5 Hellcat (2.000ch, 355 nœuds, distance franchissable 900 nautiques, 6 mitrailleuses de 12,7mm, 6 roquettes de 127)
    • - 8 avions torpilleurs Grumman TBM Avenger (1.900 ch, 240 nœuds, distance franchissable 1.600 nautiques, 2 mitrailleuses de 12,7mm , 1 torpille, roquettes de 127)

    U.S.S. Belleau Wood en campagne dans le Pacifique :

USS Belleau Wood CVL24

Le Belleau Wood touché par un kamikaze

Sa première opération est un raid sur la l'île de Tarawa (archipel des Gilbert), le 19 Septembre 1943. Le 5 et 6 Octobre suivants, c'est Wake qui subit l'assaut de ses avions. On le retrouve le 21 Fèvrier 1944 à l'attaque de Saïpan. Lors de la bataille des Philippines en Octobre 1944, qui marque un tournant de la guerre du Pacifique, l' USS Belleau Wood fait partie du TG 38.4 avec deux porte-avions lourds USS Franklin et USS Enterprise et un autre porte-avions léger USS San Jacintho. Le TG 38.4 (task group) est un des quatre composants de la TF 38 (task force) de l'Amiral MITCHER (17 P.A. 6 cuirassés, 13 croiseurs, 58 destroyers), appartenant elle-même à la IIIe Flotte, Amiral HALSEY. Le 25 Octobre, au cœur de la bataille du Cap Engano, le "leader" de la flottille de chasse de l'USS Belleau Wood signale la position de la flotte japonaise de l'Amiral OZAWA qui vient d'être durement éprouvée et qui, en retraite vers le nord, s'étire sur 45 nautiques.

Le 29 Octobre, au large des Philippines, l'USS Franklin est touché par un kamikaze. Peu après c'est le Belleau Wood qui est atteint de même, le kamikaze s'écrasant sur l'ascenseur arrière en provoquant un incendie et des explosions de munitions faisant 92 morts ou disparus et 54 blessés graves.

Envoyé à SAN FRANCISCO pour réparations, le Belleau Wood reprend sa place au combat en Février 1945 au sein du TG 58.1, ses avions participant le 16 à un raid dans la règion de YOKOHAMA. Fin Mars, début Avril, il est un des cinquante porte-avions qui appuient le débarquement à OKINAWA.

Le 4 Juin, sous Formose, le TG 58.1 est pris dans le typhon "Viper". Malgré quelques dégâts, le Belleau Wood reprend les opérations et à la fin de Juillet ses avions participent à une attaque des restes de la flotte japonaise à Kuru dans la Mer Intérieure. À la capitulation du Japon, le 15 Août 1945, il est l'un des dix-huit porte-avions venus mouiller dans la baie de Sagami.

Il termine la guerre avec une Citation Présidentielle lui accordant douze "Battle Stars" commémoratives pour avoir détruit 502 avions ennemis, et coulé, ou mis hors de combat, 48 bâtiments.

Puis il est désarmé et sera placé en réserve de 1947 à 1953 au sein de l'Alameda Pacific Fleet à SAN FRANCISCO. Il avait parcouru 216.682 miles.

P.A. Bois Belleau R97

Le "Belleau Wood" devient "Bois Belleau" dans la Marine Nationale de 1953 à 1960

La FRANCE avait déjà un porte-avions de même type le "La Fayette", (ex USS Samuel P. Langley CVL 27, du nom de l'inventeur de la catapulte), prêté en 1951 au titre du M.D.A.P. (Mutual Defense Assistance Program). Alors que les opérations d'Indochine demandent toujours plus à l'aviation embarquée, la Marine Nationale obtînt le prêt d'un porte-avions léger supplémentaire pour une durée de cinq ans.

L'USS Belleau Wood passe sous pavillon français le 5 Septembre 1953 à SAN FRANCISCO et prend aussitôt le nom de Bois Belleau.

Transport, mise au point et entraînement vont occuper le Bois Belleau jusqu'à son départ pour l'Indochine le 7 Avril 1954 pour arriver dans le Golfe du Tonkin le 3 Mai. Il y ramasse les Hellcat de la 11F et les Helldiver de la 3F qui vont encore intervenir sur Dien Bien Phu dont la bataille va bientôt s'achever...

À Honk Kong pour travaux de Mai à Juillet, il revient prendre la suite de l'Arromanches dans le Golfe du Tonkin. Il embarquera les Corsair F4U7 de la 14F. Ses avions opèreront du 15 Juillet au 20 Juillet au Nord Annam et les 28 et 29 Juillet dans la région de Hué et de Dong Hoï. Le cessez-le-feu intervient le 1er Août 1954.

Jusqu'à la mi-septembre va faire des rotations entre la baie d'Ha Long, Cam Ranh, Tourane et le Cap Saint Jacques évacuant quelque 6.000 réfugiés. Il concourra à l'évacuation finale du Tonkin et rentrera à TOULON le 16 Décembre.

Après un carènage/modernisation, le Bois Belleau va participer pendant trois ans à la vie de l'Escadre et à tous les grands exercices nationaux et OTAN en Méditerranée.

En Mai 1957 il sera à HAMPTON ROADS avec le croiseur De Grasse portant la marque de l'Amiral JOZAN entouré de deux escorteurs d'escadre et de deux escorteurs rapides, au milieu des représentants des flottes de trente Nations, à la revue navale célèbrant le bicentenaire de la Marine des ÉTATS-UNIS.

Le Bois Belleau R97 - Crédits Marine Nationale

Ses derniers mois d'activité seront consacrés à des missions de transport, notamment de 296 avions pour l'Armée de l'Air de NORFOLK à BREST et à SAINT-NAZAIRE. Le 12 Septembre 1960, à PHILADELPHIE, il sera solennellement restitué aux ÉTATS-UNIS après avoir, en sept ans, parcouru 183.216 nautiques sous pavillon français.

Ce porte-avions aura été le seul bâtiment de la Marine Nationale a avoir porté le nom de Bois Belleau, perpétuant l'hommage du fait d'armes de la 4ème Brigade des Marines de la Second Division U.S. en 1918.

 
U.S.S. Belleau Wood (LHA 3)

Un nouvel U.S.S. Belleau Wood (LHA 3) dans l'U.S. Navy - D'après "Flottes de Combat" (1996) et "Amphibious warfare forces/USA" (1996)

  • Allure génèrale de porte-avions avec ilôt à tribord, pont d'envol, radier pour les chalands de débarquement.
  • Cinq unités en service. LHA (Landing Helicopter Assault), type SCB 410 classe TARAWA (LHA1)
  • Chantiers: INGALLS SB, Litton Industries, PASCAGOULA Miss.
  • Budget: 1970 - Sur cale: 5.3.73 - Lancement: 11.4.1977 - En service: 23.9.1978 - Modernisé: 1992 - 1994
  • Caractèristiques:
    • Déplacement: 25.120 t (lège) - 39.300 tpc - Dimensions: Longueur: 254,20m (237,14m pp) - largeur: 32,30m
    • Armement: 2/127mm AA Mk 45 (I x 2) 20 coups/mn, 23km en anti-surface, 15km en A.A., poids de l'obus: 32kg - 6 Mk242 25mm automatiques - 2/CIWS 20mm/76 6tubes 3.000 et 4.500 coups/mn convergents à 1,5km Mk15 Phalanx - 2/syst. RAM Mk 49 - 8/12,7mm M2 mg (I x 8) - Protection: parties vitales par blindage léger KEVLAR.
    • Radars: 1/SPS 64 - 1/SPS 67 - 1/SPS 40E - 1/SPS 52B - 1/SPN 35 - 1/SPN 43 - 1/TAS Mk23 - 1/SPG 60 - 1/SPQ 9A
    • Contre Mesures: SLQ-32 (v) 3 - 4/lance-leurres SRBOC Mk 36 (VI x 4) - SLQ 25 Nixie - TACAN: URN 25
    • Chaudières: 2 Combustion Engineering V2 M-VS timbrées à 49,3 kg/cm2 et surchauffe 480 °C
    • Appareil moteur: très automatisé. 2 TE Westinghouse - 2 lignes d'arbre - 70.000 cv - Propulseur d'étrave 900cv
    • Puissance Électrique. :14.600 kW - Vitesse: 24 nœuds - Distance franchissable: 10.000 nautiques à 20 nœuds
    • Équipage: 58 officiers et 882 hommes

Photo Stefan Karpinski (USN)- 2002

  • Force embarquée (Battalion Landing Team): 172 officiers et 1.731 hommes (Marines)
  • Capacité amphibie: Le radier de 81,7 x 23,40m peut abriter 4 LCU type 1610 ou 17 LCM ou 45 LVTP - Deux LCM et deux LCP sont stockés sur le pont. Surface de pont disponible pour les véhicules: 3.134m² - 1 grue de 30 tonnes.
  • Installations aéronautiques: Pont d'envol de 250 x 32,30m. Deux ascenseurs. 9 spots d'appontage. Le groupe aérien type comprend 6 / AV 8B Harrier (avions à décollage vertical) et 23 hélicoptères d'assaut, modulable selon missions.
  • Locaux hospitaliers: Très développés, ils comprennent 4 blocs opératoires, 2 salles d'opérations secondaires, 3 cabinets dentaires, 20 lits équipés en surveillance médicale, 100 lits avec possibilité de passer rapidement à 300 lits par transformation des postes des personnels débarqués. Le personnel médical comprend 200 hommes (dont 60 pour la chirurgie).

Désarmé le 28 octobre 2005, il fut mis en réserve au Naval Inactive Ships Maintenance Facility à Pearl Harbor. Coulé en tant que cible le 13 juillet 2006 au large d'Hawaï.

L' USS Belleau Wood était affecté à la flotte du Pacifique et basé à SASEBO (Japon) qui fut le principal port de la flotte de l'ONU pendant la Guerre de CORÉE à laquelle la contribution française sur mer a été l'Aviso La Grandière F731.

 

Léon ROCHOTTE - Ancien de l'Aviso La Grandiàre, Ancien Représentant Marine au Conseil National de l'A.N.A.F.F. ONU - R.C. (Association Nationale des Anciens des Forces Françaises de l'O.N.U. et du Régiment de Corée), Member of the BRITISH KOREAN VETERANS ASSOCIATION (BKVA) South London Branch, Membre A.M.M.A.C. Épinal

Édition originale 1998 pour ANAFF ONU & RC et NETMARINE, revisée novembre 2009 pour Union des Marins de Lorraine.

Remerciements : "MARINE" - (Publication ACORAM - Janvier 1997)

Remerciements supplémentaires: Capitaine de Vaisseau (h) Gérard MARTIN , Ancien Commandant du CIRAM Strasbourg - Commandant Denis P. MULLER USMC, Ancien Attaché Naval adjoint (Ambassade des États-Unis - PARIS)

 

 

- CITATIONS :

"On ne se change pas soi-même, alors il faut changer les autres".

"C'est mon opinion et je la partage" ( Henry Monnier repris par les Dupond et Dupont).

"Ne compter que sur soi-même et encore, pas beaucoup" (Tristan Bernard).

"Il est possible d'échapper à toute critique : en ne faisant rien, en ne disant rien, en n'étant rien".

"Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l'argent ne se mange pas." (attribué à Geronimo, Sitting Bull ou White Cloud Talatawi)

"Un coup de dés jamais n'abolira le hasard" (Stéphane Mallarmé)

"Pourquoi dire quand on peut s'écouter à travers l'écriture" (Dina Sahyouni)

" La moquerie est souvent indigence d'esprit. " Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688

" Esprit moqueur, petit esprit. La moquerie est la fiente de l'esprit critique. " Pierre Reverdy, En vrac, 1929

" Rien ne vaut rien, il ne se passe rien et cependant tout arrive et c'est indifférent. " Friedrich Nietzsche, (Ainsi parlait Zarathoustra).

Citations prises au hasard sur Wkipédia, encyclopédie participative en ligne à laquelle nous contribuons: "L'expédition en Corée du contre-amiral Roze" - "La 2ème division d'infanterie des États-Unis" - "La Bataille du bois de Belleau" - "La participation française à la Guerre de Corée" - "Le Bataillon français de l'ONU" - "Henri Zuber, peintre alsacien du XIXème siècle" etc... Léon Rochotte, octobre 2009

 

- La bataille de chars de Dompaire (Vosges) - 12 septembre 1944

Le Régiment blindé de Fusiliers Marins (RBFM) de la 2e Division Blindée du Général Leclerc en septembre 1944 à Dompaire (Vosges), défait la 112e Panzerbrigade allemande

Le RBFM, Régiment Blindé de Fusiliers Marins, est intégré dans la deuxième DB, baptisée Division Leclerc, en avril 1944.

Image d'après une gravure communiquée par le CV(h) Gérard MARTIN, ancien fusco, ancien commandant du CIRAM Strasbourg

Combattant en Lorraine, la division qui avait traversé la Champagne se retrouve inopinément en pleine concentration de chars allemands, mobilisés dans une poche de résistance, à Dompaire en Lorraine.

Les TD-M10 (Tank Destroyers) vont alors faire une démonstration étincelante de leurs qualités en infligeant une défaite spectaculaire à la 112e Panzerbrigade, qui perd cinquante neuf blindés... Il s'agit du 1er et du 3e peloton du 4e Escadron du Régiment Blindé de Fusiliers Marins : 7 Tank Destroyer manoeuvrés comme des vaisseaux, par des Marins dont la mission dans la Division est la lutte anti-char.

Les Marins ont gardé les noms de leurs navires. À Dompaire Siroco, Mistral, Simoun, Tempête, Bourrasque, Ouragan et Orage réussissent à détruire 16 chars allemands modernes de type Mark IV ou Panther... Chaque frette blanche sur le canon égale une victoire...

Un des chefs de chars aurait été le second-maître Moncorgé (alias Jean Gabin)....

Leclerc est impressionné par la réussite de "ses marins" et déclare : "Le RBFM peut être fier d'avoir contribué à rétablir dans son prestige la marine française".....

Dotés d'un canon de 76,2mm (4 pouces), modifié par l'adjonction d'une lunette de visée marine française, et d'une mitrailleuse de 12,7mm (.50), les Tanks-Destroyers M10 du RBFM faisaient but à 3 000 mètres.

 

Quelques citations

_ Je me suis engagé dans la marine le jour où mon père m’a appris que j’étais sur terre pour travailler (Pierre DORIS)

_ Un homme qui tombe à la mer n’a pas sa place à bord (Olivier de Kersauson)

_ Quand un pêcheur à faim, il mange un poisson. Quand la mer à faim, elle mange un bateau (Patrick SEBASTIEN)

_ En intimité maritime, le lagon est à la lagune, ce que chacun est à sa chacune (Pierre. DAC)

 

 

- Sabordage de la Flotte à TOULON: 67ème anniversaire (dossier, par Léon Rochotte)

Le 27 novembre 1942, la moitié de la flotte française de l'époque disparaissait en quelques minutes à Toulon. Le sabordage fut la conséquence directe de la mise en œuvre du plan Anton déclenché par Hitler suite au débarquement allié en Afrique du nord. Le 11 novembre, les troupes allemandes envahissent la zone libre, mais font croire que Toulon restera un " camp retranché " sous la responsabilité des Français. Il n'en est évidemment rien. Jusqu'au 27 novembre, différents officiers, dont les amiraux Darlan (à Alger) et Auphan (à Vichy), sentent la menace et tentent de faire appareiller la flotte. Une telle opération est d'autant plus aisée que des exercices ont été menés en mer début novembre. Lorsque le débarquement allié est connu (l'opération Torch débute dans la nuit du 7 au 8 novembre à Casablanca), la flotte rentre à Toulon pour faire le plein de combustible, de vivres et de munitions. Du 8 au 10 novembre, les navires sont prêts à partir ou, au maximum, à 3 heures d'appareillage. Deux ans et demi après Mers-el Kébir, l'amiral de Laborde, commandant les Forces de Haute Mer (FHM), rêve d'en découdre avec les anglo-saxons, qui taillent en pièce, avec des moyens très supérieurs, les unités d'Oran, Alger et Casablanca. Mais l'ordre de Vichy de s'opposer aux opérations de débarquement ne vient pas et Laborde refuse, le 12, la demande de l'amiral Darlan (depuis Alger) de se rallier aux Anglo-saxons.

Le 27 novembre, à l'aube, l'opération Lila, visant à neutraliser les navires de la Marine, est déclenchée par Hitler. L'alerte est néanmoins donnée, permettant de déclencher le dispositif de sabordage mis en place sur chaque navire depuis la fin des hostilités avec l'Allemagne, en1940.

Le croiseur La Marseillaise après son sabordage - crédits : SERVICE HISTORIQUE DE LA MARINE

Au moment où les Allemands pénètrent dans Toulon, tous les bâtiments des FHM, de la 3ème région maritime et du groupe des écoles sont à quai, en plus des sous-marins et des navires en cours de réparation.

Il y a là les croiseurs de bataille Strasbourg et Dunkerque, le cuirassé Provence, le transport d'hydravions Commandant Teste, les sept croiseurs lourds de 10.000 tonnes, trois croiseurs légers de 7600 tonnes, 18 contre-torpilleurs (dont les super-rapides -50 nœuds- Mogador, Volta et Indomptable), 16 torpilleurs (dont les Hardi et Mameluk) et 19 sous-marins. S'y ajoutent de nombreux avisos, dragueurs, patrouilleurs et bâtiments auxiliaires.

Alors que les explosions ébranlent les quais toulonnais, cinq sous-marins parviennent à appareiller.

La Vénus se sabordera en grande rade, l'Iris rejoindra Carthagène où il sera internée jusqu'à la fin de la guerre.

Seuls les Casabianca, Marsouin et Glorieux rejoindront Alger et Oran, un unique bâtiment de surface parvenant à s'échapper vers Alger.

Il s'agit du Leonor Fresnel, des Phares et Balises.

Les Allemands ne réussiront à capturer que 32 bâtiments, soit 3 contre-torpilleurs, 3 torpilleurs, 4 sous-marins et 22 petites unités de servitude.

Les cuirassés, croiseurs, ainsi que la majorité des contre-torpilleurs et torpilleurs sont irrécupérables.

À la fin de cette dramatique journée, plus de 100 bâtiments, soit un tonnage de 235.000 tonnes, sont coulés. Ce chiffre inclut des fleurons, comme les Dunkerque et Strasbourg, les croiseurs Algérie, Marseillaise, Jean de Vienne et La Galissonnière, ou encore de superbes contre-torpilleurs et torpilleurs.

Le Strasbourg a coulé droit (DR)

" Dunkerque " et " Strasbourg " : croiseurs de bataille rescapés de Mers el Kébir, finissent sabordés à Toulon...

En cette fin de juin 1940, la France vient de perdre une bataille décisive et se trouve sous le coup d'un armistice que le dernier gouvernement de la IIIème république, présidé par le maréchal Philippe Pétain, a accepté de signer face à l'Allemagne hitlérienne. Les conditions de cet armistice sont rudes et parmi celle-ci, l'article 8 concerne le sort de la flotte française, invaincue et mise à l'abri en Grande-Bretagne ou dans les ports d'Afrique du Nord, en particulier la Force de Raid mouillée dans le port de Mers-el-Kébir et en cours de désarmement. Cette force comprend deux croiseurs de bataille (Dunkerque, Strasbourg), deux cuirassés (Provence et Bretagne) un transport d'hydravions (Commandant-Teste) et six contre-torpilleurs (Mogador, Volta, Terrible , Lynx, Tigre, Kersaint).

Ce 3 juillet 1940, en l'absence de l'amiral Darlan ministre de la Marine et Chef d'Etat Major, c'est son adjoint l'amiral Le Luc, qui reçoit le message de l'amiral Gensoul commandant l'escadre de Mers-el-Kébir, l'informant qu'une escadre anglaise (il s'agit de la Force H) commandée par l'amiral Somerville, croise au large et vient de lui adresser un ultimatum le sommant de se rallier aux forces britanniques ou de se saborder, faute de quoi il emploiera la force. A 17h30 GMT et après plusieurs navettes entre le port et la Force H, le commandant Holland,négociateur britannique auprès de l'amiral Gensoul, quitte définitivement le Dunkerque, profondément ému par l'échec des négociations qu'il n'a pu faire aboutir faute de temps, alors que l'amirauté anglaise, pressée d'en finir, n'a cessé de harceler Somerville pour qu'il engage le combat.

À 17h55 , le pavillon "5" signalant l'ordre d'ouvrir le feu est hissé à bord du cuirassé H.M.S. Hood portant la marque de l'amiral Somerville. C'est la première fois qu'il utilise son artillerie principale en combat depuis le début de la Seconde Guerre Mondiale, alors qu'il dirige son feu dévastateur sur des alliés d'hier, sur des frères d'armes aux côtés desquels il patrouillait encore récemment dans l'Atlantique nord. A 18h12, le Hood envoie le pavillon "6" du cessez-le-feu : 17 minutes ont suffi pour que, par une action unilatérale, le drame soit consommé... Le Hood sera " puni ", coulé par le Bismark , ennemi commun, le 24 mai 1941...

Les 380 des Britanniques ont tiré sur cette flotte confinée dans le port de Mers-el-Kébir, mal disposée pour se défendre dans ce qui ne fut même pas un combat. À la passerelle du Hood, un marin anglais, témoin oculaire du drame, a ainsi décrit cette cible offerte comme un poisson sur lequel on tire dans un tonneau : "shooting a fish in a barrel", a-t-il écrit !.Car en si peu de temps c'est une véritable "boucherie", pour reprendre encore une expression employée par des Britanniques : près de 1200 marins français sont déjà morts, déchiquetés par les salves de 380, broyés par le souffle des explosions, noyés ou lentement asphyxiés emprisonnés dans les flancs de leur navire chaviré, ou encore victimes du mazout absorbé en sautant à la mer. Certains périssent brûlés par la vapeur, d'autres asphyxiés ou blessés gisent dans les fonds inaccessibles obscurcis par la fumée mortelle qui se dégage des incendies.

La Bretagne, touchée à l'arrière, prend feu rapidement

Frappée de plein fouet, la Bretagne prend feu, explose et coule rapidement en chavirant, entraînant 977 de ses marins dans la mort.

Le Mogador , le Dunkerque et la Provence sont touchés (l'aviso Rigault de Genouilly sera torpillé le lendemain malgré le cessez-le-feu). Le croiseur de bataille Strasbourg, accompagné de 5 contre-torpilleurs, réussit à s'échapper, ouvrant le feu de ses 330mm sur la flotte britannique qui se dérobe derrière un rideau de fumée, et à gagner Toulon. Le Commandant-Teste est indemne.

 Trois jours plus tard, le 6, les avions torpilleurs du porte-avion Ark Royal reviennent pour achever le travail et tenter de neutraliser le Dunkerque qui s'est échoué dans les passes , ajoutant encore une centaine de victimes à la longue liste des disparus. Le Dunkerque subira alors des dommages très importants.

Engagé dans la lutte contre les corsaires allemands au début des hostilités, le Dukerque passa de l'Atlantique à la Méditerranée en avril 1940 et se retrouva à Mers el Kébir dans la Force de Raid au moment de l'armistice. Réparé après l'attaque, il parvint à gagner la base Toulon en avril 1942 et fut sabordé en novembre. Renfloué, il fut ferraillé en 1958. 

Le Dunkerque

Le Strasbourg

En 1939, le Strasbourg donna la chasse au Graf Spee dans l'Atlantique mais ne réussit pas à l'atteindre. En juillet 1940 s'étant spectaculairement échappé de Mers el Kébir il se trouva donc en novembre à Toulon, portant la marque de l'amiral de Laborde et se saborda le 27 novembre 1942. Coulé " droit ", il fut renfloué par les Italiens le 17 avril 1943 et restitué à la Marine française en mai 1944. Il fut coulé le 18 août 1944 par des avions américains lors d'un bombardement dans le cadre du débarquement de Provence. À nouveau remis à flot, il fût utilisé au large de la presqu'île de Giens pour des expériences sur les explosions sous-marines et sa coque envoyée à la casse en mai 1955.
 

Tourelles quadruples de 330 mm du Strasbourg

(Crédits photos : Sygma, Keystone, Marius Bar)

 

Ces navires avaient les caractèristiques suivantes:

  • Longueur 214 m , largeur : 31 m
  • Tirant d'eau : 8,50 m
  • Propulsion : turbines de 130.000 cv
  • Distance franchissable 7500 milles
  • Artillerie : deux tourelles quadruples de 330 mm en poupe, seize pièces de 150 mmm à capacité anti-aérienne, huit 37 mm anti-aériens
 

En fait, moins de la moitié du tonnage de 1939 (535.000 tonnes) est perdu à Toulon. Même en comptant les pertes subies depuis trois ans, les effectifs restent nombreux, bien qu'ils soient très éparpillés et n'aient pas suivi, faute de moyens, les évolutions très rapides de la technique. De l'Afrique du nord aux Antilles, en passant par l'Egypte, de très nombreux bateaux restent opérationnels. Quelques uns, armés par les Forces Navales Françaises Libres (FNFL), ont rejoint de Gaulle dès 1940. Les autres, le plus grand nombre, après avoir, aussi, fait leur devoir en protégeant le territoire national (en fait l'empire colonial) contre les agressions extérieures, vont reprendre, comme l'espéraient leurs marins, la lutte contre l'Allemagne nazie après avoir rallié les forces navales alliées à l'appel de l'amiral Darlan.

La marine française aligne encore, le 28 novembre 1942, ses 35.000 tonnes, les cuirassés Richelieu et Jean-Bart .

Plus grand et plus puissant que les Dunkerque, le Richelieu avait été lancé en janvier 1939. Appareillé de Saint-Nazaire en juin 1940 pour échapper aux Allemands, le Richelieu gagna la base de Dakar en Afrique occidentale. Il y fût attaque le 8 juillet par les avions torpilleurs Swordfish du porte-avions britannique Hermes. Une nouvelle fois, en septembre de la même année, le Richelieu affronta la Royal Navy, qui, avec le concours des gaullistes, tentait de s'emparer de Dakar. Cette fois, ils se mesura aux cuirassés Barham et Resolution causant des dommages importants à l'un d'eux, les obligeant à se replier. Après le ralliement de la flotte française aux anglo-saxons, le Richelieu sera modernisé aux USA puis déployé dans le grand Nord avant de combattre dans le Pacifique en 1944. Il participa aux opérations en Indochine en 1945 et servit à Suez en 1956. Désarmé en 1961, le bâtiment fût vendu à un chantier japonais et ferraillé sept ans plus tard.

 
Le Richelieu, avec son camouflage optique destiné à tromper les télémètres (Photos : collection particulière L. Rochotte)
 Gravement endommagé à Casablanca lors du débarquement américain, son sister-ship, le Jean Bart, sera réparé et achevé après guerre.

Les Français peuvent aussi compter sur le cuirassé Lorraine, certes ancien, mais qui s'illustrera lors du débarquement de Provence et de la réduction de la poche de Royan. Les croiseurs légers Emile Bertin, Georges Leygues, Gloire et Montcalm, récents et remis à niveau avec l'aide américaine, seront engagés dans les grandes opérations amphibies de 1944. Il y a aussi les grands contre-torpilleurs Le Triomphant, Le Malin, Le Terrible et Le Fantasque, reclassés croiseurs légers. S'y ajoutent les croiseurs Suffren, Duquesne, Tourville, Duguay-Trouin et Jeanne d'Arc, ainsi que des avisos dont le La Grandière (qui servira pendant la guerre de Corée en 1950) et de nombreux navires de plus faible tonnage et des sous-marins dont le plus célèbre restera le Casabianca.

BIBLIOGRAPHIE : De nombreux ouvrages traitent de l'histoire de la marine française, notamment au cours de la seconde guerre mondiale. Nous conseillons notamment l'"Historique de la Marine française (1922 - 1942 )" de l'amiral Henri Darrieus et du capitaine de vaisseau Jean Quéguiner.

SOURCES PRINCIPALES :

La page d'Humour...

Click et la lumière fût....

Un gaillard de 80 ans s'en va consulter son médecin. C'est un robuste ancien marin, tous les tests et examens sont bons. Le docteur dit : "Tout me semble excellent au physique mon vieux... Bien, bien, mais comment ça va au mental ? , au psychique ? Est-ce que vous êtes en paix avec Dieu par exemple?"

Le gars répond : "Vous êtes toubib, pas curé!!! Mais oui, je suis en paix avec Dieu, j'en suis même très proche et Il veille particulièrement bien sur moi! Ainsi, comme Il sait que je n'y vois plus très bien quand j'ai besoin de me lever la nuit pour aller au petit coin à cause de ma prostate, "click," Il me fait de la lumière... , ...et quand j'ai fini, "click," Il m'éteint la lumière..."

"Ça alors, c'est pas croyable..." dit le docteur très troublé. Un peu plus tard dans la journée, il appelle l'épouse de son patient au téléphone.

"Dites moi chère Madame, je viens d'avoir votre mari ; rassurez-vous, il va bien. Mais il m'a dit une chose troublante quant à ses relations avec Dieu... Il m'a dit que, lorsqu'il a besoin de se lever la nuit pour aller au petit coin, "click", Dieu lui allumerait la lumière et, "click", il la lui éteindrait quand il a fini... ?"

"Oh Seigneur, s'exclame alors l'épouse, VOILÀ QU'IL RECOMMENCE À PISSER DANS LE FRIGO..."

Bonus dans la Navy

Il y a quelques années, la Navy considèra qu'elle comptait trop de gradés et décida d'offrir une prime spéciale d'encouragement au départ volontaire de 1.000$ (non dévalués, NDLR) pour chaque pouce (25,4mm NDLR) mesuré sur la ligne droite joignant deux points de son corps choisi par le demandeur lui-même.

Un premier officier se présente et demande à être mesuré du somment de sa tête à l'extrêmité de ses talons. On le mesure à six pieds (6 x 12 pouces NDLR) et il s'en va avec 72.000$.

Un second choisit de se faire mesurer de l'extrêmité de ses doigts, bras tendu, au bout de ses talons et s'en va avec 96.000$ sans problème.

Arrive un grisonnant colonel des Marines qui déclare: "Je veux qu'on mesure la distance entre le bout de mon pénis et la base de mes testicules". Étonnement de la commission. "Vous en êtes bien sûr?" Le colonel insiste et on lui demande de baisser son patalon pour procèder à la mensuration...

Stupéfaction du préposé : "Mais, colonel, où diable, sont vos testicules ? ? ?"

"Au Viêtnam..." répond le colonel...

Grossvater Fritz aus Preussen...

Le petit-fils de Fritz est sur son ordinateur : "Hiya granpa, je suis à toi dans une seconde, juste le temps de finir ça...!"

Le Grandpère répond: "Teufel!... Ça rime vraiment à rien de passer ta journée sur cette foutue machine... À ton âge mon garçon, j'étais déjà allé à Paris, au Moulin-Rouge, on buvait toute la nuit, on pelotait les danseuses, on pissait sur le bar et on partait sans payer. Serait peut-être temps pour toi de vivre un peu ta vie maintenant, gamin..."

Une semaine plus tard le petit-fils arrive tout cassé, tuméfié, pansé, claudicant sur une béquille, balafres recousues, sparadrap partout, bandeau sur l'œil, un bras en écharpe...

- "Seigneur Dieu que t'es-t-il arrivé ???"... s'exclame grand-père Fritz

- "J'tedis pas grandpa... J'ai été à Paris, on a été au Moulin-Rouge, on a bu toute la nuit, on a peloté les danseuses, on a pissé sur le bar...! On voulait partir sans payer... m'ont foutu une de ces râclées...!!!"

- "Ô Jesus Gott! Mais avec qui étais-tu donc?"

- "Avec deux trois copains... sais plus.... Mais toi, grandpère, avec qui sortais-tu à l'époque?"

Grossvater Fritz : "Avec mes Kamerades SS"...

 (Traduit de l'anglais par L. Rochotte - Extrait de la Newsletter N°242 November 2009 de la British Korean Veterans Association South London branch)

Kouillaté Boucabar BONAVENTURE, ivoirien de souche, fait les vendanges à KRAUTERSHEIM, petit village d’Alsace que tout le monde connaît. A la fin de la 1ère journée, le vigneron vient aux nouvelles : ‘’Alors Kouillaté, cela s’est bien passé ?’’, ‘’Présentement, tout se passe bien. Nous avons coupé toute la Riesling.’’ ‘’C’est bien’’ dit le patron, ‘’mais on dit le Riesling.’’. Le lendemain, mêmes personnages, même question : ‘’Patron, aujourd’hui on a coupé toute la Gewerztraminer’’. ‘’Kouillaté, on dit le Gewerztraminer’’. ‘’OK Patron’’, dit Kouillaté.

Mais quelques jours après, au petit matin, Kouillaté refuse de monter dans la charrette, avec les autres vendangeurs. ‘’Alors Kouillaté, pourquoi ne veux-tu pas vendanger aujourd’hui,’’ lui demande le patron.

‘’Wouillait ! !Ti es fou la, dit donc ! ! j’y pars pas ! ! !’’

‘’Et pourquoi ? ‘’ demande le patron.

‘’On dit, moi, aujourd’hui on coupe la Pineau noir ! ! ! ! ! ! !

(histoire transmise par JP DUVAL)

- TOUJOURS MATAF, un livre de Jean Vindevogel

Dans les années 60, ‘’Jean Morel’’, originaire du nord, décide de s’engager volontaire, pour découvrir le monde. Et c’est à bord du porte-avions FOCH que se situe ce remarquable roman.

C’est le thème de cette fiction qui montre les émotions qui dominent la vocation d’un métier qui montre la véritable passion du marin.

On peut se procurer ce remarquable ouvrage chez l’auteur, Jean VINDEVOGEL, 23, Rue des blanchisseurs 59130 LAMBERSART, au prix de 17 , plus frais de port (6,50 ) ; soit 23,50

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Avec un bateau, il y a deux moments de bonheur : le jour où on l’achète et le jour où on le vend (Claude LELOUCH)

Une fois que le bateau à coulé, tout le monde sait comment on aurait pu le sauver (proverbe Italien)

Une mer calme n’a jamais fait un bon marin (proverbe anglais) Documents Internet

 

- Escale à Honolulu

Récit d’une escale faite par notre correspondant Daniel THIRION, lors de son embarquement sur le croiseur ‘’DE GRASSE’’

Lors de l’escale que nous avons faite à HONOLULU, capitale de l’Etat d’HAWAII, lors du tour du monde du croiseur ‘’DE GRASSE’’ en 1962, où nous sommes restés trois jours, j’avais décidé de faire une ‘’virée’’, avec deux Amis, dans les rues de HONOLULU, afin de faire quelques achats et bien entendu de déguster les spécialités du ‘’coin’’.

Un peu de géographie avant de continuer mon récit : HAWAII est un Archipel du Pacifique Nord, situé pour ceux d’entre nous qui y sont passés, au Sud du Tropique du Cancer et constitue le 50ème état des Etats Unis. Il est formé d’une suite d’îles, certaines encore inhabitées, dont la plus importante est l’île de HAWAII. Paradoxalement, la capitale HONOLULU est située sur une île de moindre importance, l’île d’OAHU. Pour information, il faut se rappeler que ces îles sont fortement marquées par le volcanisme, d’où l’absence d’habitants dans certaines, et que, quelques unes possèdent des volcans ( plus ou moins éteints) qui culminent à plus de 4000 mètres.

Certaines de ces îles, qui forment cet Etat ont encore une activité volcanique assez importante, comme l’île d’HAWAII dont le relief est très accidenté par des cônes imposants : Mauna-Kéa (4205 m), Mauna-Loa (4169 m), Mauna-Hualalai (2523 m). On peut rappeler que ces îles furent découvertes en 1778 par le Capitaine COOK, qui leur donna le nom des Iles SANDWICH. Il fut assassiné en 1779 par les indigènes de cet Archipel..

Tout d’abord, l’Archipel fut unifié en 1795, grâce à l’action du roi KAMEHAMEHA 1er. Son successeur, 2ème du nom, permit à des Missionnaires de débarquer à HAWAII, qui entreprirent la scolarisation de la population et bien entendu d’étendre leur religion. Tous au long du XIXème siècle, la France, la Grande Bretagne et les Etats Unis se livrèrent des luttes d’influence, afin d’en obtenir la propriété.

Ce fut les Américains qui l’emportèrent, obtenant d’abord de dominer l’économie de l’Archipel avant de l’annexer complètement, à la demande même du gouvernement local. Les Iles HAWAII devinrent une république en 1894.

Face à l’essor japonais, l’Archipel acquit, durant l’entre les deux guerres, une grande importance stratégique pour les Etats Unis.

Mais revenons à notre escale. L’inspection étant faite, nous sortions, avec deux de mes camarades, du port où notre bâtiment était amarré à quai, lorsque nous fûmes abordés par un homme, un peu grisonnant, la cinquantaine, bien habillé, qui nous souhaita, dans un très bon français, la bienvenue à HONOLULU.

Il nous raconta, qu’il avait fait le débarquement en Normandie, plage d’UTAH, si ma mémoire ne me fait pas défaut, et qu’il souhaitait, à chaque rencontre avec un français, remercier la France pour l’avoir bien reçu, pendant cette tragique période qu’il avait vécue, mais qui lui avait laissé, malgré les drames auxquels il avait assisté, de bons souvenirs sur les français qui ont pu l’aider, lui et ses Amis, lors de l’avance, à s’en sortir vivants lors de certaines situations. En effet, à plusieurs reprises, pendant l’avance vers l’Allemagne, et quand la situation le permettait, il avait logé chez les habitants qui le plus souvent , partageaient leur repas et le gîte, surtout lorsque qu’il était au repos. C’est pour moi, nous a-t-il dit, un devoir de ‘’rendre la politesse ‘’à nos Amis français.

Il nous demanda si nous n’avions pas d’autres copains qui pourraient venir avec nous afin de leur faire également profiter de la promenade qu’il nous proposait.

Nous fûmes donc cinq marins à profiter de l’aimable attention de notre Ami américain qui commença par se présenter. Il ‘s’appelait COOK (de son prénom Stephen ) et qu’il était un descendant (4ème ou 5ème génération) du fameux Capitaine anglais ( 1728/1779), dont le nom est cité précédemment et qui fut un grand navigateur et découvreur de nouvelles contrées dont la Nouvelle Zélande et les Iles Sandwich, devenues , plus tard, l’archipel d’Hawaii.

Il nous amena à son véhicule que nous pensions être une grosse cylindrée américaine, genre Cadillac ou autres, mais non, il avait une Peugeot 404, la même qui avait été embarquée à bord, pour le déplacement des officiers du bord., C’est, nous a-t-il dit, mon attachement à la France qui m’a fait choisir ce modèle.

Nous nous entassâmes tous dans le véhicule et notre Ami commença à nous faire faire du tourisme autour de HONOLULU. A l’extérieur de la capitale, nous fîmes une halte devant un cabanon, genre ‘’baraque à frittes’’, mais qui ne vendait que des ananas en entier par moitié ou en tranche. La serveuse n’avait pas loin à aller pour chercher les fruits, la baraque était située en bout du champ et les ananas étaient cueillis pratiquement à la demande. Cette dégustation a été suivie par un petit verre de punch( à l’ananas bien sûr), qui nous a ravi.

Après cette petite halte, notre ‘’hôte’’ nous conduisit dans la grande base de PEARL HARBOURG, où nous avons pu voir le Mémorial qui commémore la tragique attaque japonaise qui fit entrer les Etats Unis en guerre le 7 décembre 1941.

Un peu d’histoire : Ce jour là, à 7 heures 55, 183 avions japonais attaquèrent, par surprise, la flotte américaine, au repos dans la rade de Pearl Harbourg. Pendant plus d’une demi-heure, ils larguèrent bombes et torpilles sur les bâtiments de la Navy, les terrains d’aviation et les réservoirs de la base.

Une heure plus tard, une deuxième vague de 170 appareils vinrent achever cette meurtrière attaque.

C’est au total, en un peu pus de 90 minutes, que 8 grands cuirassés ont été mis hors de combat, dont 3 qui ont été coulés et que 3 croiseurs, 3 destroyers et 4 navires auxiliaires ont été endommagés. En plus, il a été décompté la destruction de 260 avions dont plus de 150 au sol.

Pour les pertes humaines, le bilan a été très lourd, 2500 morts et 1178 blessés.

Le cuirassé ARIZONA, coula avec de nombreux marins (plus de 900), enfermés dans la coque et qui sont morts noyés. Ce bâtiment, dont les corps n’ont jamais été extraits, à fait l’objet d’un Mémorial qui rappellera à nos générations futures cette tragédie qui a entraîné les Américains dans le conflit qui devint mondial.

C’est ce Mémorial que nous avons visité, accompagné par notre Ami américain

Après nous être recueillis, nous sommes repartis sur HONOLULU, faire quelques courses dans un Hyper Marché, pour le dîner. En effet, notre ‘’hôte’’ , dans la discussion nous avait parlé de la bonne cuisine française qu’il appréciait beaucoup.

Aussi, deux de nos Amis étant ‘’férus’’ en restauration, nous lui avons proposé de faire un repas typique, qui pourrait lui rappeler de bons souvenirs.

C’est ainsi que nous avons fait les courses, réglées bien entendu par notre Ami américain, et que nous nous sommes mis , en fin d’après midi, à préparer, dans son appartement, un repas ‘’typiquement français’’, avec comme entrée : quelques crudités, avec un peu de charcuterie, et comme plat de résistance : une bonne côte de bœuf accompagnée de frites/légumes et salade verte. Nous avions même trouvé un camembert ‘’made in France’’. La préparation de ce repas se déroula dans une ambiance festive, avec un nombre assez important d’apéritif. Sur un simple appel téléphonique, les bouteilles nécessaires au repas, (et les autres afin de maintenir l’ambiance), ainsi que le dessert (plusieurs gâteaux et fruits) étaient amenés par un livreur, qui est bien venu, si je me rappelle, au moins trois fois dans la soirée……………

Vers minuit, alors que le repas était terminé, notre ‘’hôte’’ nous invita dans une ‘’boite’’ où nous avons assisté à plusieurs spectacles de ‘’streep-tease’’ (soft), où nous avons continué à ‘’ingurgiter’’ plusieurs boissons. Bien entendu, notre Ami, n’a pas voulu que nous déboursions un seul centime, et a donc régler toutes les consommations. Vers deux heures, un peu ‘’fatigués’’ et bien ‘’gais’’, il nous proposa de nous emmener dans un ''hammam', afin de nous revigorer. Malheureusement, le ‘’club’’ où il souhaitait nous faire entrer était fermé ( jour ou plutôt nuit de fermeture).

Vu l’heure et notre ‘’fatigue’’ il fut décidé de rentrer et tout en nous ramenant à bord, il nous proposa de nous revoir le ‘’lendemain’’ afin de nous emmener, avec son avion, dans une île voisine, où, il avait une grande propriété. Bien entendu, nous n’aurions pas pu quitter HONOLULU et de plus, nous étions de quart pour l’appareillage qui était prévu le lendemain. Bien entendu, notre Ami américain nous a donné ses coordonnées et nous a fait savoir que si nous souhaitions revenir à Hawaii pour un travail ou pour du tourisme, qu’il serait à notre écoute pour nous aider pour avoir les documents et visas nécessaires pour séjourner ou même résider en Amérique.

Photo prise par le narrateur de ce récit, pendant le repas : à gauche, notre Ami Stephen COOK. En blanc, mes Amis marins

Je ne sais pas comment mes Amis marins de cette virée ont vécu ces moments, mais, pour ma part, j’ai gardé de cette rencontre, la vision de ce monsieur que nous ne connaissions pas et qui voulait nous rendre la gentillesse qu’il avait reçu de notre pays, qu’il était venu défendre.

J’ai correspondu avec lui pendant quelque temps et puis les courriers se sont espacés et puis……..

 

- Diên Biên Phu :Un pompon rouge sur le centre de résistance (CR) "Isabelle"

Extraits d'un texte écrit par René BAIL (Journaliste-Auteur)

" ...Le 16 mars 1954, un renfort appréciable, transporté par quarante-deux C-47 Dakota est parachuté sur "Simone". Elle est située à environ 3 km au sud du PC principal, à égale distance d'Isabelle.

Un peu plus tard, d'autres "Dak" effectuent une autre livraison, d'un autre genre, mais aussi appréciable que les précédentes, l'Antenne Chirurgicale Parachutée n° 3 du Médecin-lieutenant Résillot. Avec lui sautent son sergent- major Jean Chaumette, le sergent-chef Marie Pétri, les sergents Jean Chassier et Samba Babacar, le caporal-chef Guyollot, le quartier-maitre de 1ère classe (QM1) Jean Segalen et le 1ère classe Le Van Dang, tous largués sur le PC central..."

Pendant le parachutage, les Viêts mitraillent sans arrêt...

À l'atterissage, Jean SEGALEN tombe dans les barbelés entourant Diên Biên Phu. Pendant plus de deux heures, les Viêts qui l'ont repéré ne cessent de mitrailler et d'arroser d'obus de mortier le secteur où il a atterri... 

Installée au point d'appui "Isabelle", l'antenne du Lieutenant RÉSILLOT travaille inlassablement de jour et de nuit. Ségalen est partout à la fois; bricoleur, il installe dans les meilleures conditions les galeries et salles de blessés souterraines; anésthésiste-réanimateur, il prépare les opérés, suit les interventions, s'occupe de la réanimation post-opératoire; de plus, en huit transfusions, il donne 2600cc de son propre sang.

Sans trêve ni repos, au mépris absolu du danger, il va relever jusqu'à trois cents mètres de là sous le feu nourri de l'ennemi, des blessés qui gémissent et appellent à l'aide. En particulier un jour un sous-officier est gravement atteint entre les lignes; un éclat d'obus de mortier dans l'aisselle a occasionné une hémorragie grave...

... Ségalen se moquant du bombardement intense et des balles qui giclent de tous côtés bondit au secours de ce moribond. Son pouce dans la plaie, il arrête le sang et tout seul porte le blessé à l'antenne. Son courage, son intitiative et sa rapidité dans l'éxécution ont sauvé une vie de plus."...

... ... ...

... "Le 7 mai, les Viêts sont là, tout près, autour... Les derniers pilonnages ont détruit l’antenne. Ségalen est blessé à la main gauche et à la jambe droite. Il souffre aussi de brûlures, mais il continue à se soucier des autres.

Fait prisonnier le 8 mai à 4 heures, il reste sur Isabelle, mais les bo doïs l’ont isolé des blessés. Il y a eu encore des morts et des blessés, quelques-uns ont réussi à passer et disparaître dans la nuit.

La captivité n’a pas démonté notre infirmier. Bien décidé à réaliser ce qu’il a prévu, il parvient à tromper la surveillance des Viêts qui déambulent de partout. Il réussit à soigner des cas urgents, à leur apporter le réconfort par sa présence, puis en changeant rapidement les pansements, en leur filant des médicaments qu’il a subtilisés avant la saisie des Viêts.

Mais la suite sera plus pénible et certains n’y survivront pas.

La lutte pour survivre

Le 24 mai, tout le personnel de l’AC 3 est dispersé. Ségalen est intégré à un groupe qui est poussé sur la Route Provinciale 41 (RP 41) en direction de l’est. Ils vont avancer, à marche forcée.

Avant de quitter Isabelle, notre infirmier a encore prélevé quelques paquets de médicaments qu’il a cachés dans ses poches et même dans ses chaussettes. Certains, comme les antibiotiques, sont d’autant plus précieux, car les vainqueurs, malgré les récupérations dans les antennes et les infirmeries, les parachutages assurés après la chute du camp retranché, ne délivreront aucun de ces produits au profit des prisonniers. Il a également conservé son casque lourd, qu’il va utiliser comme récipient pour faire bouillir de l’eau, ou encore cuire la ration quotidienne de riz qu’il partage avec ses camarades d’infortune, les plus démunis, les plus faibles.

Le convoi s’étire, se traîne, puis est remis dans le « rythme », à coups de crosse. Certains, épuisés, s’effondrent sur le côté de la route; toute assistance est interdite par les Viêts.

Le groupe, après 26 jours de marche, arrive à Tuyen Quang. Les rangs se sont éclaircis, beaucoup ont été «oubliés» le long de la route. Ségalen, avec une dizaine de camarades, a brancardé durant 120 km, un sergent des tirailleurs, souffrant d’une mauvaise plaie infectée au pied.

A 70 km au nord-est de Tuyen-Quang, c’est la fin du calvaire en ce qui concerne la marche, car pour arriver le 22 juillet au camp 42, ils ont parcouru 350 km. Ils sont 400 Tu Binh (prisonniers); ils seront beaucoup moins à être libérés.

La nourriture, se limite à l’éternelle boule de riz, agrémentée de quelques liserons d’eau. Ségalen, encore robuste et volontaire jusqu’à l’entêtement quand on veut lui forcer la main, ne cède aux exigences des gardes que lorsque ça l’arrange.

Il accepte d’aller en corvée de riz, de se joindre aux équipes qui montent des paillotes, afin de ne pas rester inactif. Il visite en cachette, les malades, se dépense sans compter auprès de ceux qui souffrent autant moralement que physiquement, assiste aussi les moribonds. Il distribue de la Nivaquine aux fiévreux, des antibiotiques pour enrayer les effets néfastes de l’infection et de la dysenterie. Plusieurs camarades de misère lui doivent ainsi la vie. Deux autres marins, les seconds-maîtres Carpentier et Keromnès, rescapés du Privateer 28F-6, abattu le 8 mai, au-dessus de la RP 41, sont arrivés au camp 42 et ont été témoins de l’action salvatrice de Jean Ségalen.

S’il y a quelque chose qui hérisse notre infirmier, ce sont les réunions de propagande, organisées par les can bô et autres commissaires politiques. Avec d’autres, aussi décidés que lui, il fait front, passant d’un groupe à l’autre, menant la contre-propagande en ranimant les «tièdes».

Aux autres, déjà trop affaiblis, Jean renforce l’espoir, leur fait comprendre qu’il leur faut sortir de ce «merdier».

Le 3 août, retour sur Tuyen-Quang; puis une autre marche les mène vers un camp situé à une trentaine de kilomètres. Les prisonniers ont appris, entre-temps que des accords ont été signés à Genève, mettant un terme à cette guerre d’Indochine. Le 16 août, des camions «Molotova» les prennent en charge et les transportent en douze jours à Vietri, lieu d’échange prévu des prisonniers.

L’endroit a été choisi pour installer un camp de transit pour les prisonniers du Viêt-minh et des berges accessibles aux engins amphibies qui doivent les ramener à Hanoi. Trop épuisés par le «Haute clémence d’Hô Chi Minh», des prisonniers vont encore mourir dans ce camp de transit.

Libéré le 28 août, amaigri après son séjour au camp 42, il est malgré tout content de retrouver des marins, ceux du LCM de la Dinassaut 12, qui l’accueillent à bord. Après la descente du fleuve Rouge, c’est l’arrivée à Hanoi, où il va passer des visites médicales. Le docteur You Ahong ne peut que constater un état général dégradé. Comme d’autres, il y a amaigrissement, asthénie, dysenterie sanglante, les facultés intellectuelles amoindries. D’autre part, le sujet est très nerveux, inquiet, émotif. Il a encore des séquelles des brûlures des deux membres (1/3 inférieur) datant du 7 mai. Quelques jours plus tard, un avion sanitaire le transporte avec d’autres à Saigon. Le temps de reprendre des forces, en attendant d’être rapatrié sur la métropole.

Malgré sa spécialité d’infirmier dans la marine, où l’avancement ne semble pas toujours fulgurant, Jean Segalen passe second-maître pour faits de guerre le 24 septembre 1954.

L’Algérie a fait sa «première», le 1er novembre 1954, la «Toussaint rouge» d’autres aventures se présentent à Jean Ségalen. En 1957, il est affecté à la Demi-Brigade de Fusiliers-Marins (DBFM), dans l’Ouest-Oranais avec les fonctions d’infirmier-major au pavillon militaire de l’hôpital de Nemours. Une autre citation s’ajoutera aux cinq précédentes gagnées en Indochine. Médaillé militaire du 25 octobre 1954, sa demande pour être fait chevalier de la Légion d’honneur ne sera pas acceptée..."

LC_R Novembre 2009 pour Union des Marins de Lorraine

 

- Diên Biên Phu : La Marine perd un deuxième quadrimoteur "PRIVATEER"

Extraits de l'ouvrage "Aviateurs en Indochine" Diên Biên Phu de Patrick Charles RENAUD, ancien marin, membre de l'Union des Marins de Lorraine - Éditions Grancher, février 2003

 

 

Écusson de la 28F, avec sa fourragère gagnée en Indochine

Cat-Bi 8 MAI 1954,

DBP est tombé mais la guerre continue et au matin, les équipages des Privateers 28F6 et 28F-8 sont convoqués pour une mission de harcèlement des voies de communication, notamment la R.P. 41...

De Catbi vers Diên Biên Phu

...Il est 10h20 lorsque le Privateer 28F-6 met le cap à l'Ouest en prenant lourdement de l'altitude. Il est suivi par le 28F-8 de l'EV Boulier qui décolle à 10h27...

...Il est midi. Le 28F-8 quitte la zone, alors que le 6 annonce à la radio:

- Il me reste une bombe dans la soute. Je vais refaire un passage et observer les résultats.....

....- César 8 à César 6: OK,je rentre.

Il est entre 12 h 10 et 12 h 15. Le 28 F-6 se présente de nouveau pour larguer manuellement la dernière bombe. Le patron armurier, le second-maître Kéromnès, un grand gaillard d'un mètre quatre-vingt, va dans la soute pour effectuer la manœuvre, juché sur la poutrelle, directement au-dessus du vide.

 - Des camions sur la route à deux heures, signale alors l'un des membres d'équipage.

- Armez les tourelles, ordonne l'enseigne de vaisseau Monguillon.

CONSOLIDATED PB4Y-2 "PRIVATEER" de la Marine - photos 28F

  Sachant que le second-maître mécanicien Stéphan préfère la tourelle de nez, le second-maître Carpentier se dirige vers l'arrière pour armer celle de queue. Les deux hommes se croisent sur la passerelle de la soute à bombe et échangent une accolade. Les blisters de gauche et de droite sont déjà activés, le premier par Kéromnès, l'autre par le second-maître radio Lacrosse.

 Aidé par son navigateur, le second-maître Le Coz, Monguillon amorce une descente vers les camions.

 Le Privateer évolue alors dans la vallée, plus bas que les sommets environnants et se met légèrement sur la tranche. La tourelle avant puis celles situées de part et d'autre de l'avion, derrière les plans, commencent à cracher. Les marins peaufinent leur visée grâce aux traçantes. A l'arrière, Carpentier fait de même dès que les camions apparaissent dans son champ de vision. Soudain, des flocons noirs parsèment le ciel et se rapprochent du quadrimoteur qui survole la piste menant à Na San.

 - Chef de bord, vous pouvez dégager sur la droite, dit sèchement Le Coz au pilote.

- D'accord, je vais essayer.

NDLR: Cette photo n'est pas prise en vol... À 13 ou 14.000 pieds, la température ne dépassait pas 4 à 5°C, parfois moins en hiver...  Les hommes d'équipage portent sous-vêtements chauds, combinaison de vol et bottes fourrées et disposaient d'oxygène car les Privateers n'étaient pas présurrisés ni climatisés...

iDurant une fraction de seconde, il songe à attacher Lacrosse avec lui à l'aide de la sangle de sécurité qui sert à les assurer lorsqu'ils prennent des photos. Mais il y renonce, mesurant les chances de réussite minimes avec le peu de temps dont il dispose, vu l'urgence de la situation.

Après une petite hésitation, il plonge dans le vide la tête la première. C'est le choc de l'ouverture, puis le silence qui surprend après le bruit des moteurs en survitesse.

De son côté, Kéromnès a sauté. La main sur la poignée d'extraction du parachute, il s'est accroupi puis a pivoté dans le vide alors que l'avion était déjà en piqué. Il a tiré avec force la poignée au moment où il avait le ventre en l'air.

Le Privateer poursuit son piqué. L'aile droite se détache et tombe en tournoyant avec ses deux moteurs, tandis que le bombardier part en vrille et percute le flanc d'une colline. Une fumée noire s'élève dans le vacarme des munitions qui explosent.

 La descente semble interminable, sauf les derniers mètres. Keromnès traverse des fourrés, touche le sol, se relève aussitôt et coupe le parachute extracteur. Il entend les cris des Viets qui se sont lancés à sa recherche. Il décide alors de se débarrasser de son pistolet et d'un carnet sur lequel sont notés les différents chargement des bombes du 28 F-6. Il les enterre dans un petit trou duquel il s'éloigne sans tarder.

Au sommet de la colline, il se trouve en présence de gamins de douze à quinze ans dont l'un d'eux tient un fusil braqué sur lui. Il tremble de tout son corps et un deuxième serre une grenade dans sa main. Les cris des jeunes s'intensifient et l'un d'eux sort un rouleau de fils électriques. Kéromnès se retrouve ficelé, les bras liés dans le dos, les pieds entravés.

Durant sa marche, il peut voir, bien camouflées, de nombreuses batteries de D.C.A. de 37mm ou de 40mm.

 Introduit dans une grande tente, il se retrouve face à quelques hommes assis derrière une table. L'officier viêt-minh s'exprime dans un français impeccable.

- Combien de personnes y avait-il à bord? demande-t-il. Y avait-il des Américains? Quelle était votre fonction?

- Photographe, répond Kéromnès, ne voulant pas révéler qu'il était armurier et mitrailleur.

L'interrogatoire se poursuit sur l'appareil, son origine, sa puissance et son potentiel armement. Kéromnès reste volontairement imprécis dans ces réponses.

Soudain surgit un bodoï tenant une main encore sanguinolente. Il la présente au marin

- Vous avez sauté à trois, affirme l'un des Viets. Nous avons capturé un radio, un blond blessé à la jambe, qui a refusé d'être soigné. Il est mort.

- Nous n'avons pas capturé le troisième, mais cela ne saurait tarder, assure l'officier.

Puis il ajoute: - Vous avez peut-être faim?

Les mains libres, Kéromnès prend son premier repas en captivité: quelques grains de riz dans un bouillon suspect.

 Pendant ce temps, Carpentier échoue dans un sous-bois épais. Il débouche dans une grande clairière où il tombe nez à nez avec un femme portant un balancier sur l'épaule. Apeurée, elle laisse tout tomber avant de se sauver en criant. Carpentier s'enfuit. Il se sent traqué. Des signaux sonores émis avec des bambous, retentissent un peu partout. Après avoir erré dans la brousse, il sera fait prisonnier en fin d'après-midi. A la nuit tombée, il arrivera dans un village où il sera pris en mains par quatre viêt-minh formés en deux équipes et parlant parfaitement le français. Vêtus d'un uniforme vert et coiffés d'un casque flanqué d'une étoile, ils questionneront Carpentier durant cinq jours et cinq nuits sans interruption, exigeant sans cesse qu'il livre les noms des Américains présents dans l'avion. Ils produiront même une liste sur laquelle ils lui demanderont de cocher ceux qui étaient avec lui. Deux gardiens le frapperont avec deux bouquets de bambous écrasés, à intervalles irréguliers, pour le maintenir éveillé. Il sera également interrogé à l'aide d'une génératrice que ses bourreaux brancheront à l'un de ses testicules.

 Sept des membres d'équipage du 28 F-6 ont trouvé la mort ce 8 mai 1954: enseigne de vaisseau de 1re classe Pierre Monguillon, pilote chef de bord ; second-maître André Roissat, co-pilote; second-maître Yve Le Coz, navigateur-bombardier; maître Francis Bouyssou, premier mécanicien; second-maître Louis Stephan, second mécanicien; second-maître Jacques Hoog, premier radio; second-maître René Lacrosse, second radio. Les deux rescapés sont les deux armuriers : second-maître Jean Keromnès, premier armurier, et le second-maître Jean Carpentier, second armurier.... 

LC_R Novembre 2009 pour Union des Marins de Lorraine

Note :

 

 

Journée de la Mémoire Mosellane (31 octobre 2009)

Le Département de la Moselle a été très éprouvé de 1939 à 1945. IL faut se rappeler qu’il y a eu de durs combats pour que la Moselle soit libérée, mais il ne faut pas oublier qu’avant le début de la guerre, afin de libérer les zones où les combats devaient avoir lieu, plus de 200000 mosellans ont du quitter brutalement leurs foyers à l’automne 1939, en grande majorité pour être hébergés dans la Charente, la Vienne, la Charente Maritime, le Pas-de-Calais, la Loire et la Saône-et-Loire. 90000 autres firent de même le 10 mai 1940, mais dans d’autres directions.

Aussi, le Conseil Général de la Moselle a décidé de rendre un hommage particulier à tous ces Mosellans qui ont du quitter leur terre natale et qui, pour la plupart, ont tout perdu en laissant leurs biens aux mains des belligérants. Cette deuxième journée de la Mémoire Mosellane s’est déroulée le 31 octobre à Sarreguemines, la première ayant été organisée à Saint Avold, Pour l’année 2010, la troisième se déroulera à Epinal (à suivre).

Vous trouverez en dernière page, quelques photos de cette commémoration.

 

 

  

 Histoires drôles

Au beau milieu de l’Atlantique Nord, un chalutier vient de faire naufrage. Dérivant à bord de leur canot de sauvetage, les marins commencent à avoir froid, faim et soif lorsqu'un gigantesque paquebot les repère enfin.

Le commandant du paquebot dit à son équipage: ‘’Faites vite, montez ces naufragés à bord et donnez leur à boire, à manger et de quoi se réchauffer’’.

Quand les pêcheurs sont à bord du paquebot, le commandant les accueille : ‘’Vous avez de la chance que notre bateau passait par-là, je vous souhaite la bienvenue à bord du Titanic! ! ! ! ! !

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Quelle est la différence entre un boucher et un marin ? Le marin voit les côtes avant le port et le boucher voit le porc avant les côtes………

  

- La super galette du Porte avions ‘’CHARLES DE GAULLE’’

Cette photo nous est transmise par Monsieur Jacques LACOTE, dont le fils se trouve, actuellement, sur le P.A. CDG. Jean-Pierre, son fils, qui est l’auteur de cette photo nous donne également les caractéristiques démesurées de cette énorme galette qui a été dégustée par tous les Membres du P.A..

Diamètre 5,50 m, 40kg de farine, 20 kg de beurre de feuilletage, 40 kg de poudre d’amande, 40 kg de sucre, 40 kg de beurre, 640 œufs, 20 litres de crème pâtissière et 2 jours de travail pour 6 personnes.

Félicitations à toute l’équipe du P.A. CDG qui a participé à cet exploit.

 

 
Le Bulletin "Dans le Sillage des Marins de Lorraine" distribué à nos membres est réalisé par Daniel THIRION, Rédacteur en Chef, aidé des différents auteurs signataires

L'adaptation pour le web est réalisé par Léon ROCHOTTE, webmestre

 

 

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